le match Nicolas Hulot Vs Yann Arthus-Bertrand

Je viens de voir le Syndrome du Titanic, film de Nicolas Hulot, sorti récemment dans nos salles françaises. Après avoir vu Home de Yann Arthus-Bertrand, je me suis dit qu’un petit match entre nos deux spécialistes de la planète s’imposait. A vos commentaires !

LE TITRE

Home : ce documentaire vous propose une visite guidée de votre planète, de votre maison.
Le syndrome du Titanic : Nicolas Hulot semble nous dire « Regardez bien mon film bande de crétins ! On fonce tout droit dans l‘iceberg et on ne peut plus rien faire. »

LE PRIX

J’ai regardé « Home » – film documentaire de Yann Arthus-Bertrand – gratuitement sur Internet la semaine de sa sortie.
J’ai dû payer ma place de cinéma pour aller voir « Le syndrome du Titanic » – film de Nicolas Hulot.

LE THÈME PRINCIPAL

Home nous parle des conséquences sur la planète des actions de l’Homme depuis son apparition.
Nicolas Hulot a choisi de parler de l’Homme, dans toute la splendeur de ses paradoxes. Il base son film sur le 20ème siècle essentiellement.

AU CŒUR DU FILM

Home, malgré la gravité du thème développé, regorge d’images bouleversantes de beauté. Le syndrome du Titanic est une juxtaposition sans fin d’images sombres, chaotiques, où domine le désespoir.

Parfois fouillis, le film de Nicolas Hulot résume l’état d’esprit de Nicolas Hulot.
Il utilise le « je » tout au long du film. Mis à part quelques données chiffrées dispensées ça et là, ce film est avant tout son regard sur l’être humain et sur les clivages Nord-Sud.

Dans une logique chronologique, Home prend de la hauteur ; c’est un état des lieux de nos ressources, de nos actions et de leur impact. Il apporte de nombreuses informations chiffrées, datées. Le « nous » est utilisé le plus souvent.

Ni l’un ni l’autre n’apporte de solutions concrètes. Avec ces films, alarmistes et moralisateurs, vous ressortez vide, plein de doutes et d’interrogations.

Deux pointures de la question écologique vous vomissent leur mal de la planète. C’est contagieux. Vous sortez avec ce même mal.

Mais comme vous, Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand n’ont pas de solutions concrètes à apporter. Car ils savent comme nous que, seul dans son coin, l’homme ne sert à rien.

LE FINANCEMENT

Les marques prestigieuses du groupe PPR d’un côté (Home) SNCF, EDF et la Fondation Bettencourt-Schueller de l’autre (le syndrome du Titanic)… Des partenaires « poids-lourds » qui valorisent leur image en sponsorisant ces documentaires écolo-catastrophes.

Action de notoriété pure, car à part les millions donnés pour que ces films puissent exister, que font-ils ?

Quels engagements prennent-ils réellement ?
–          la SNCF s’engage (rires !) et nous pond une campagne TV sur l’indispensable transport ferroviaire des marchandises. Pour qui suit l’actualité, cette campagne sonne bien faux après la polémique récente sur le FRET.
–          EDF nous promet une énergie propre et nous fait tout autant rire ! Prenez 5 min de votre temps pour regarder la répartition des sources d’électricité sur votre facture : le nucléaire est prépondérant.
–          La créatrice de la fondation Bettencourt-Schueller n’est autre que Liliane Bettencourt elle-même. Elle est propriétaire de L’Oréal, la marque numéro un des produits cosmétiques poubelles !
–          PPR, avec ses prestigieuses marques, est partout dans le monde, dans tous les secteurs d’activités les plus juteux : le luxe, la mode, la culture, l’automobile, l’ameublement, l’industrie pharmaceutiques… Il ne manque pas quelque chose ? Ah si, les produits bio et équitables ne sont cités nulle part !

LE BILAN

2007, Al Gore sort « Une vérité qui dérange ».
Documentaire dont dira Yann Arthus-Bertrand : « C’est un film très bien fait, à l’américaine, avec de l’humour, des applaudissements… En deux heures, il en fait plus pour l’environnement que moi en dix ans ! »

Et là, je m’interroge : pourquoi ne pas avoir suivi les traces d’Al Gore pour produire Home ?

Yann Arthus-Bertrand nous donne 10 ans pour changer radicalement la donne. Bouleverser nos modes de consommation, de déplacement et de production dès maintenant pour ne pas risquer l’irréversible catastrophe climatique.

Nicolas Hulot nous invite à « apporter notre petite musique intime pour faire danser le monde »… Après nous avoir sapé le moral pendant 1h30, la conclusion est légère et n’apporte rien de nouveau.

Bref, il s’agit seulement de mon ressenti, mais je suis déçue.

Pourquoi ne pas avoir donné la parole à des scientifiques ? Ils auraient pu nous informer sur les avancées de la recherche dans les domaines qui nous touchent directement : quel carburant pour les transports ? quelle énergie pour le chauffage, l’électricité ? quelles solutions pour répondre aux besoins en eau de toute la planète ?

Pourquoi ne pas faire intervenir plus longuement les ethnologues et autres sociologues sur les conséquences des mouvements de population ? De nombreux pays ne seront plus viables d’ici peu, et il faudra apprendre à vivre plus (encore plus !) nombreux.

Quand les grandes entreprises vont-elles s’engager effectivement dans le développement durable au lieu de faire de l’esbroufe à la TV ?

Quand les gouvernements seront-ils les ambassadeurs du développement durable ?

 LA NOTE

Mention « Peut mieux faire » aux deux documentaires.

@ArmelleElghozi rédaction
Rédacteur web & print

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. F.D.L. dit :

     » vous ressortez vide, plein de doutes et d’interrogations. […]

    Pourquoi ne pas avoir donné la parole à des scientifiques ?  »

    Peut-être parce que ce ne sont pas des films scientifiques mais des films personnels (malgré la présence brève d’Hubert Reeves dans Le SDT). L’objectif n’est pas de régler les problèmes écologiques en une heure et demie, mais de sensibiliser, de poser des interrogations, rôle que le cinéma a rarement eu la capacité d’endosser brillamment.

    Dommage de se limiter à des notes  » peut mieux faire « , comme un professeur rendant un devoir à un élève peu encourageant. Dommage que ces films qui  » essaient  » quelque chose de civique et d’intéressant soit flinguer dès le départ par une presse dithyrambique, suivie par les commentaires de blogueurs. Ce n’est pas – à mon sens – ce qu’il y a de mieux à faire. Ca ne me révolte absolument pas, ça ne m’énerve même pas, ça me rend juste un peu triste, mais ce n’est que moi :).

    Cordialement,
    F.D.L.

    PS : Sur le financement, c’est une critique qui revient constamment, facile, c’est certes du donnant donnant, mais les producteurs cherchant de l’argent pour un film qu’il souhaite voir le jour ne sont pas des monstres se remplissant les poches, c’est un travail long et particulièrement difficile, plein de risques. Il vaut peut être mieux taxer les grands groupes pour pouvoir faire un film et le montrer, que de ne pas pouvoir faire le film tout court.

    J'aime

    1. Bonjour FDL,
      Je suis d’accord avec vous, la critique est aisée.
      Je suis également triste qu’en 2009, nous n’en soyons encore qu’à des films de sensibilisation..

      Ne croyez-vous pas que la sensibilisation, entamée il y a de nombreuses années ne peut plus suffire ?
      (je ne peux vous donner réellement de date, mais j’entends parler de l’urgence de protéger l’environnement depuis que je suis née)

      Alors oui, des films comme le Syndrome du Titanic et Home sont nécessaires, mais ceux qui en 2009, ont encore besoin d’être sensibilisés, ne seront probablement jamais les personnes les plus à même de protéger l’avenir.

      Bien à vous
      Armelle

      J'aime

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