Les enjeux de l’innovation dans le secteur de l’eau – conférence au CNAM du 08 juin 2010

Je me suis rendue hier, mardi 8 juin 2010, à la conférence organisée par le CNAM à Paris, dont le sujet était « L’innovation dans les secteurs de l’eau : enjeux, problèmes, solutions… »

L’organisateur, Monsieur Marc Giget, avait invité 3 personnes de qualité :

–          Monsieur Jean-François Donzier, Directeur Général de l’OIEau (Office International de l’Eau)

–          Monsieur Guy Fradin, Directeur de l’agence Eau Seine Normandie

–          Monsieur Hervé Suty, Directeur des centres de recherche de Veolia Environnement

Plutôt que de vous résumer les interventions de nos 3 intervenants, je vous propose de vous faire part des chiffres et des faits les plus marquants de cette soirée consacrée à l’eau.

Aujourd’hui, l’eau tue plus que le cancer, plus que le SIDA et plus que la guerre.

Aujourd’hui, les inondations représentent 32% des catastrophes naturelles, 55% des morts, et 31% des pertes économiques.

Demain, nous serons environ 9 milliards d’êtres humains sur Terre (projection pour 2075)

Quand on sait qu’entre 1900 et 2000, la population de la planète a été multipliée par 3 – tandis que la consommation d’eau a été multipliée par 6 – il y a de quoi s’interroger sur le devenir

On parle de problèmes cumulatifs autour de la problématique de l’eau.

En effet, la corvée d’eau dans certains pays implique que les petites filles ne sont pas scolarisées.

S’il n’y a pas de réseau d’eau, les maladies se multiplient.

Enfin, si nous ne recyclons pas l’eau consommée, nous polluons les fleuves et mettons en danger aussi bien la biodiversité des fleuves que la santé des êtres humains vivant à proximité de ses fleuves.

Les conflits géopolitiques vont inéluctablement se multiplier.

Et pour cause ! Dans le monde, 276 fleuves &  plusieurs centaines d’aquifères (nappes phréatiques souterraines) sont transfrontaliers.

Pour exemple, comment empêcher les indiens de capter l’eau du Gange, de la souiller malgré eux, et de la rejeter plus bas ? Et plus bas, c’est le Bangladesh !

Ces chiffres font tourner la tête, ils font peur. Un élément clé de la solution consiste à régler les problèmes institutionnels.

L’exemple de la France peut faire partie de la solution.

Depuis 1964, le gouvernement a fait fi du découpage par département et par région pour mettre en place une gestion par bassin.

Il existe 10 bassins hydrographiques en France ; le plus important étant le bassin Seine Normandie, fournissant l’eau potable à plus de 18 millions de français.

Deux principes fondamentaux régissent cette gestion par bassin :

Le 1er principe est que le pollueur est le payeur, proportionnellement au dommage écologique causé (principe bien connu en France, même si on peut parfois douter de son application concrète)

Le 2ème principe consiste à dire que « l’eau paye l’eau » : le dépollueur reçoit des aides financières proportionnelles à son action sur l’eau et le milieu aquatique.

Si les gouvernements des pays, dont les sources d’eau potable sont transfrontalières, se réunissent autour d’une table et envisagent une gestion de l’eau par bassin versant, je ne pense pas me tromper en affirmant que beaucoup de « guerres de l’eau » pourront être évitées. Les coûts financiers seront partagés entre les pays.

Pour cela, il faut que la gestion par bassin se fasse de manière autonome.
Entendez : une politique financièrement autonome à l’agence ainsi créée, dans laquelle tous les pays concernés sont équitablement représentés, est en charge du pompage, de la distribution et du recyclage de l’eau. Elle est également en charge de taxer les pollueurs et d’aider financièrement les dépollueurs.

Utopique ? Non cela fonctionne en France et ailleurs ! D’autres paramètres sont à prendre en compte, une adaptation culturelle et géographique est nécessaire, mais au-delà des paramètres pratico-pratiques, la gestion par bassin versant est une des clés de la solution.

Seule une soixantaine de pays dans le monde gère actuellement l’accès à l’eau potable grâce à ce système dit « par bassin versant ».

Seulement 60 ou déjà 60 ? Tout dépend de votre état d’esprit ! J’ai tendance à préférer voir le verre à moitié plein alors j’ai envie de vous dire que l’effet d’exemple et les réussites de ces 60 pays vont aider et inciter les autres pays à faire de même.

Mais nous savons aussi que des pays « poids lourds » vont vouloir tirer la couverture vers eux sans se soucier de leurs voisins.

Innovons, réfléchissons à une solution « win-win », une solution plus solidaire face à une ressource indispensable, source de vie !
A vos stylos, prêts, pensez !

Pour en savoir plus sur les chiffres présentés, les innovations techniques et structurelles mises en place, je vous invite à consulter le compte-rendu exhaustif de Monsieur Pierre Métivier, consultant en innovation dans le domaine des technologies de l’information, sur son blog

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